Pensées négatives vs réalisations sportives

Pensées négatives vs réalisations sportives

C’est prouvé : ruminer des pensées négatives plombe les performances sportives.

La science a en effet démontré que le phénomène nuit non seulement au moral, mais aussi au bon fonctionnement du corps. D’où la nécessité de modifier notre discours intérieur afin de ne pas devenir notre principal adversaire.

«Je ne suis plus capable», «c’est trop dur», «je l’aurai jamais», «ils sont plus forts que moi», «je voudrais juste arrêter»… Rares sont celles et ceux qui n’ont jamais entretenu ce genre de conversation avec eux-mêmes lors d’un entraînement ou d’une compétition. Il arrive que ces pensées négatives précèdent un abandon, mais plus généralement, elles peuvent venir pourrir tout un entraînement, une épreuve, et ruiner notre moral.

Mais pire encore, elles ont une influence réelle – et néfaste! – sur nos performances.

«Ce dialogue exprime des émotions, explique le psychologue sportif Bruno Ouellette. On sait désormais que ces états émotionnels négatifs utilisent jusqu’à 20 % d’énergie physique supplémentaire. Si on est fâché, frustré, découragé, le cœur réagit à cet état et va battre plus rapidement.»

La métaphore du poids qu’on traîne sur ses épaules n’a jamais été aussi juste. Les nuages noirs qui obscurcissent nos esprits nous ralentissent.

Et ce n’est pas tout. «Un discours négatif récurrent a aussi un impact sur le système immunitaire, poursuit le psy, ainsi que sur la résolution de problèmes.»

L’important, c’est d’y croire

Le premier facteur pour réussir quelque chose est de détenir la conviction qu’on a les capacités d’y parvenir. «Ça relève des croyances, explique Bruno Ouellette, qui a accompagné plusieurs olympiens dans sa carrière. Te dire que tu es capable de pousser tel nombre de watts, de franchir telle distance, tout ça augmente considérablement tes chances d’atteindre l’objectif.»

C’est ce que le psy appelle des prédictions autoréalisantes. «Ça influence beaucoup les capacités physiques, la ténacité aussi.»

Attention aux mots qu’on emploie

Bruno Ouellette intervient souvent auprès des athlètes afin de corriger leur dialogue interne.

Il constate que même la manière de formuler leurs objectifs, lorsqu’elle est négative, a une influence sur leur réalisation. «Il faut choisir une terminologie positive, plutôt que de dresser la liste des choses qu’on ne veut pas faire. Si on se dit “je ne veux pas être stressé”, “je ne veux pas faire d’erreurs”, on augmente les chances que le contraire se produise, et que ce qu’on voulait éviter nous tombe dessus.» Il faut donc éviter la négation.

Le langage qu’on utilise a un impact sur nos performances. «Avec mes athlètes, j’ai banni certains mots ou expressions. On ne dit pas “je vais essayer”. On dit “je vais le faire”. Parce que c’est ce qui va se produire : tu vas pédaler. On ne commet pas des erreurs, non plus : on apprend.

Émotionnel vs rationnel

Dans une récente entrevue accordée à la BBC à propos de la victoire de Chris Froome sur le Giro, les dirigeants de la Sky expliquaient comment le psychologue de l’équipe et le coach travaillent ensemble pour déconstruire les idées préconçues qui peuvent faire croire aux coureurs que certaines épreuves sont insurmontables.

À l’aide de données empiriques, ils opposent leurs sentiments à des faits avérés : ce qu’ils croient impossible est en fait réalisable.

«Il faut apprendre à recadrer une situation et ne pas mettre l’accent sur ce qui ne fonctionne pas, illustre Bruno Ouellette, même si les pensées négatives ont une utilité.»

Être frustré, par exemple, permet d’exprimer une insatisfaction. Ce qui donne le goût de s’améliorer. «Ça devient nocif si ça se prolonge dans le temps et que les pensées négatives dominent le discours intérieur», expose le psychologue sportif.

Il est alors utile de nommer les émotions, de les faire partager à des amis, des équipiers, ou un spécialiste au besoin. «Les pensées négatives sont souvent un symptôme d’autre chose : faible estime de soi, fatigue, surentraînement… Il ne faut pas les nier, mais trouver une solution.»

Pour cela, il faut s’arrêter, réfléchir, et apprendre à mieux se connaître pour détecter les dérives.

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