L'épreuve Rasputitsa vécue par Math Bélanger

L'épreuve Rasputitsa vécue par Math Bélanger

En Russe, Rasputitsa c’est la période de l'année où une grande partie du territoire Sibérien se transforme en mer de boue. Mais Rasputitsa c’est aussi une course de gravelle dans le nord-est des Etats-Unis, à Burke Mountain, qui avait lieu samedi sous des conditions dignes de son nom. Voici le récit de l’évènement :

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’Comme la neige a neigé’’ – Émile Nelligan

À quelques jours de la course, l’organisation affichait des photos révélant l’état du parcours. La tempête de neige qui avait frappée Burke Mountain en début de semaine nous promettait que la légende de Rasputitsa allait enfin se réaliser. Le parcours était enneigé avec une section de course à pied (Cyberia) qui allait être non-carrossable.

Le jour « J », une ambiance de fête se fait sentir. Malgré le fait que la course soit relevée, c’est une randonné pour la plupart des participants. Sur le départ, près de 1300 participants essayaient de se réchauffer. Les quelques degrés au-dessus de zéro nous réconfortent après un printemps difficile. Tout le monde est fébrile, enfin une course qui validera notre forme après les activités hivernales (extérieurs ou intérieurs). Le départ est donné, un ordre de cyclocross, Fat Bike, singlespeeds, vélos de montagne et tandems s’élancent sur le parcours.

Première section de gravelle

La première section de gravelle est décisive. Les premières bosses font rapidement la sélection entre ce qui allait devenir le groupe de tête et le reste du peloton. Puis on arrive à un champ de ‘’mines’’ dans la première descente. Les ‘’Breaking bumps’’ créent un nuage de bidons volants changeant la stratégie pour quelques-uns. C’est la guerre!

‘’ J’ai perdu mon seul bidon’’ – Jeremy Martin, Champion Canadien de Cyclocross 2016

Après seulement 15 minutes d’effort, les hostilités sont lancées, c’est l’enfer du nord! Le groupe de tête se voit réduit à une quinzaine de dures à cuire. Et on y reconnait la plupart des visages : du coureur de haut calibre américain, canadien et quelques Québécois. On y compte entre autres Geoffroy Dussault, un cycliste qui ne se laissera pas impressionner par les coureurs de première vague et les difficultés du parcours.

Cyberia (2017)

Après tout juste 18km, on arrive à Cyberia. Une section de 1.5km où les cyclistes doivent courir au côté de leur vélo. Le groupe de tête explose, littéralement ! À la sortie de cette section, chaque coureur essaie tant bien que de mal de rattraper son plus proche rival en solo ou en duo. Puis, il y a des sections de route enneigé, glacé et boueuse. Les vélos sont en sont couverts et les souliers sont trempés. Ça fait vraiment mal!

« Je n’ai pas pratiqué ma course à pied cet hiver ! »- Marco Daigle

La course continue, il y a de magnifiques routes de gravelles, des points de vue à y couper le souffle. Nul besoin de regarder les paysages pour avoir le souffle coupé.

Finalement les feeds de bacon apparaissent, avec seulement 10km à parcourir. On met les gaz et laisse les dernières cartouches dans les bosses…

AAAHAAAAH ! La surprise que les organisateurs nous réservait! Une AUTRE section de course dans la neige. Une trail de vélo de montagne, ensevelit de neige où on lutte pour rouler et/ou courir du mieux qu’on peut.  Après 1 km, on arrive à une intersection sans indication. On suit les traces. Je rattrape quelques personnes qui faisaient parties du groupe de tête en essayant de naviguer dans la neige des pistes de ski de fond. ‘’Ca va ben mon affaire!’’. Finalement, on se retrouve 4-5 personnes de retour sur la même intersection qui avait posée la confusion 20 minutes plutôt! Nous avons fait une boucle de trop! On s’arrête, fait un caucus et on repart.

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Kevin Bouchard-Hall, gagnant du Rasputitsa 2018

En s’empressant de remonter sur nos montures on s’aperçoit que nous sommes à tout juste 1km de l’arrivé, enneigé elle aussi, le vrai pétrin! Le « finish » se fait à la course. Tout le monde est confus. Devait-on faire la boucle supplémentaire?

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Jérémy Martin sirotant un cidre d’après course.

Une canette de cidre nous fait oublier la mésaventure (ou aventure) et on en rit. N’est-ce pas ça l’esprit de la gravelle ? On s’arrache la gueule dans des conditions exécrables et peu importe la finalité tout le monde raconte ses histoires!

‘’Raspu’’ c’est tough, les conditions sont imprévisibles, y fait frette, et les organisateurs en rajoutent. Un cocktail pour rendre le tout laborieux … mais satisfaisant une fois terminé. À l’an prochain!

 

 

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